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Publié par Gracieuse

Carl est un auteur que je connais depuis peu. Il vient d'arriver sur les réseaux sociaux et il apprend très vite. J'ai commencé par l'envoyer promener, parce que j'ai jugé que c'était encore un de ces casse-pieds qui viennent pour autre chose que pour parler de livres, mais non ! Comme quoi, parfois, il ne faut pas s'emballer.

Voix off de l'assistant : – Eh bien je suis content que vous le reconnaissiez ! 

– Silence, je parle. Nous avons donc discuté sur Messenger et Carl m'a même proposé de lire son livre, Matière noire, dont je vous dirai bientôt des nouvelles.

Naissance à Vénissieux dans la banlieue lyonnaise en 1976. Enfance ballottée entre les pensionnats et les écoles publiques au rythme des engueulades parentales. Un désir de fugue et de rébellion l'étreint une bonne partie de son adolescence pendant laquelle il découvre les bienfaits de la lecture : L'attrape-coeur de Salinger et plus tard les nouvelles de Raymond Carver lui donnent l'intuition que la littérature est un refuge en même temps qu'un observatoire du monde... Il se rêve écrivain. Après son bac, vivant de petits boulots dans le bâtiment, il connaît une jeunesse un peu désordonnée : les voyages intérieurs ou à l'étranger nourrissent ses premiers textes dans sa vingtième année. Défiant son destin tout tracé d'ouvrier, il décide de s'inscrire en fac de lettres afin d'apprendre les rudiments de l'art romanesque. À défaut d'y trouver le Graal qu'il espérait, il obtient un diplôme qui lui permet aujourd'hui de consacrer la moitié de son temps à l'enseignement et l'autre moitié à l'écriture.

 

Il est disponible sur Facebook.

LUNDI – Jour de la lune – On commence la semaine ! Hop hop hop ! 7 questions sur… Toi. Présente-nous l’Auteur / Autrice

 

Installe-toi sur cette table de kiné, et commençons. Non, je ne masse pas.

  1. As-tu un(e) assistant(e) comme moi ? (dans ta vie personnelle, professionnelle, pour toute tâche ingrate, etc.)

Qui écrit se retranche, disait Mallarmé. Tout écrivain a besoin de soutien et d’une certaine logistique pour que son petit monde, dont il prend momentanément congé quand il écrit, continue à tourner avec une certaine cohérence. Ma femme m’aide autant que possible dans les tâches quotidiennes pour que je puisse m’isoler et écrire dans les meilleures conditions. Quand je sors d’une longue session d’écriture solitaire, j’aime me délasser en préparant un bon petit repas pour toute la famille, en espérant me faire ainsi pardonner mes irrégularités. En ce qui concerne mon travail en revanche, je suis seul à œuvrer… mais j’ai la chance d’être entouré d’un groupe d’amis très qualifiés (des professeurs de lettres, des artistes, des lecteurs expérimentés…) qui me conseillent sur mes textes.

 

  1. Quel est ton objet fétiche ? (Stylo, chaussettes, bouteille de bière, etc.) Explique-nous.

Je n’en ai pas vraiment. En fait, je m’aperçois que je n’ai pas besoin de déclencheur spécifique et que je peux écrire à peu près n’importe où, n’importe quand. Mais s’il fallait en choisir un, et comme je passe beaucoup de temps dans mon bureau, ça pourrait être mon piano. Quand l’inspiration est d’une humeur boudeuse, il m’arrive parfois d’improviser une mélodie au débotté afin de m’immerger dans cet état de concentration nécessaire à l’invention littéraire.

 

  1. Je te propose une soirée avec un auteur, quel est ton programme ?

Tout dépend de l’auteur et de son univers. Si c’est avec Jim Harrison, je me verrais bien bivouaquer avec lui en pleine forêt et passer la soirée à raconter notre journée de pêche autour d’un feu, à boire des whiskys et à divaguer sur le sens de l’existence. Si c’est avec Charles Bukowski, j’imagine que nous écumerions les bars comme Dante et Virgile visitent les cercles de l’Enfer, pour nous envelopper des ivresses chaotiques de la ville et sentir la pulsation des créatures de purgatoire qui la peuplent. Je me rends compte qu’il me serait difficile de passer une soirée avec un écrivain abstinent… Autre révélation à la lumière de cette question : les deux écrivains que je viens de citer sont morts, mais leur œuvre est si puissante qu’il est tout à fait envisageable de passer un bon moment en compagnie de leur fantôme. Ne serait-ce pas là le vrai pouvoir de la littérature ?

 

  1. Un lecteur idéal ? Raconte-le. Un authentique, un vrai, élevé au bon grain.

La lecture est une forme d’écriture. Si écrire consiste à convertir par les mots ce qu’on a lu dans le monde, lire, c’est relier son expérience personnelle aux mots d’un autre. Le lecteur est un créateur qui mobilise son imagination et sa matière psychique pour faire exister les personnages d’un roman. J’aime bien la métaphore du réalisateur qui donne chair et émotion à un scénario. Je n’ai donc aucun profil de lecteur particulier en tête. Je crois plutôt au mariage des singularités et aux belles rencontres fortuites.

 

  1. Un de tes personnage à nous présenter : que voudrais-tu lui dire ?

Je reste indéfectiblement attaché au personnage de mon premier roman, Alex Bataille. C’est un poète contemporain appartenant à cette lignée des clochards célestes, des mecs comme François Villon, Arthur Rimbaud ou Jack Kerouac. Alex est un jeune homme incapable de s’adapter à la cruauté du monde tel que vous l’avons fait ; c’est un être pur quoiqu’un peu dévergondé, qui s’enlise délibérément dans la fange pour en extraire sa lumière. Si j’avais quelque chose à lui dire, ce serait : « Oui je sais, c’est dur, mais il faut en passer par là pour goûter à la vraie beauté du monde et aux saveurs de notre séjour éphémère… Alors serre les dents et continue à chercher ! Il n’y a que comme ça qu’on transforme la boue en or. Enfin, n’aie pas peur de l’échec, car les victoires acclamées par tous ne sont souvent que des défaites déguisées. Nos errances et nos pas de travers sont plus touchants et instructifs que le trajet sans faille de ceux qui marchent sur la ligne de la réussite ! »

 

  1. Décris-nous ta position préférée. Pour écrire ?

Si écrire se résume à coucher des mots sur du papier, alors ma position préférée reste la station assise devant mon ordinateur ou mon carnet de notes. Seulement, il ne s’agit là que de l’état final du processus. En fait, écrire est un mode particulier de l’activité mentale propre à certains individus ; je dirais que c’est plutôt une façon de vivre, et peut-être même une fatalité. Sinon pourquoi se couper des sollicitations irrésistibles de l’existence ? De ce point de vue, j’écris tout le temps : en balade, en lisant le journal, en regardant un film ou en écoutant la petite musique des êtres qui s’échappent d’eux par inadvertance. J’écris quand je suis assailli par une émotion si forte qu’elle me laisse pulvérisé dans mon coin tandis que je prends l’apéritif avec des amis qui ne se rendent compte de rien… Et comme ma femme m’interdit de fumer à l’intérieur, j’écris beaucoup sur ma terrasse !

 

  1. Portes-tu une tenue particulière pour écrire ? Satin, dentelle, coton ?

Généralement, je porte les premiers vêtements attrapés au saut du lit, sans considération esthétique sur l’agencement parfois hasardeux que j’obtiens. En fait, tout dépend de la température extérieure : en hiver, j’aurai tendance à me couvrir de plusieurs épaisseurs pour tenir les trois ou quatre heures de travail matinal dans une pièce mal chauffée. C’est la raison pour laquelle j’aime beaucoup l’été. Pendant cette saison, la question de l’habillement ne se pose plus : un simple pantalon de lin et vogue la galère !

 

 

Merci Gracieuse pour ces questions aussi malicieuses que révélatrices !
– Ce n'est pas fini ! La suite demain  :D

Gracieuse interview : Carl Grès
MARDI – Jour de Mars - Auteur certes, Lecteur aussi ? Si tu ne lis pas, tu vas au ciné ou tu regardes des films, des séries… Et si tu ne fais pas ça de ta caverne, tu dois jouer à des jeux vidéo ? Au fait, c’est 6 questions aujourd’hui.

 

Installe-toi sur cette table de kiné, et commençons. Non, je ne masse toujours pas.

  1. Qu’oses-tu nous dire à propos de tes vices avouables dans tes lectures (filmographie/ludothèque) ?

Je suis un dévoreur de livres. La lecture est un des principaux moteurs de l’écriture, car de même que les mots entrent en résonance les uns avec les autres pour faire sens dans la phrase, de même les livres dialoguent et se répondent entre eux. Je crois que la littérature se doit de voir ce qui répugne à nos yeux délicats et qu’elle prend son sens justement quand elle bouleverse nos repères. Un livre qui ne dérange pas son auteur ne mérite pas d’être écrit. Je pense que c’est valable aussi pour la lecture. A quoi bon se conforter dans les illusions d’un bonheur facile ou dans ce que nous connaissons déjà ? Pour ça, il y a la publicité. Lorsque l’auteur s’insinue dans la conscience complexe d’un psychopathe et qu’il a assez de talent pour nous inspirer de la compassion à son égard, j’avoue être à la fois désarmé, charmé et dérangé. C’est arrivé trois fois avec Americain psycho de Bret Easton Ellis, Un enfant de Dieu de Cormac McCarthy et Zombie de Joyce Carol Oates.

 

  1. En musique ou non ? Pratiques-tu ton loisir en musique ou non ?

                J’écoute beaucoup de musique. Comme l’a dit Nietzsche, « La vie sans la musique serait une erreur ». Quant au rapport de la musique avec l’écriture dans ma pratique, cela dépend de ce que je veux obtenir : parfois j’ai besoin d’accompagnateurs et cela peut aller de John Coltrane à Bach ; d’autre fois il me faut un silence absolu pour trouver ma propre musique en me confrontant à la seule aridité des mots. Je remarque en revanche que je n’écoute jamais de musique à texte pendant que j’écris. Sûrement parce que je suis un peu jaloux de ces compositeurs pop-rock qui campent des univers équivalents à ceux des romans en quelques phrases bien balancées !

 

  1. Comment peut-on te séduire ?

Par une sincérité absolue en prenant le risque d’un dévoilement sans compromis. Je prends ça comme un cadeau extrêmement précieux, un vrai cadeau de l’existence entre deux êtres venus du néant et qui s’en retournent au néant. Rien n’est plus touchant à mes yeux.

 

  1. Ebook ou papier ? Audiolivre ? Gros caractères ?
    (Ou si tu ne lis pas : Adepte aux films TV ou écran ? Ou juste le son pendant que tu fais autre chose ?)

Tous les supports sont bons. Mais j’aime particulièrement le papier, cela tient chez moi à un conditionnement pavlovien ! Le support n’est qu’un tremplin pour aider l’imagination à s’élancer dans les sphères de l’invention. Si le livre est bon, que le style et la voix se confondent avec mes propres instruments, rien n’empêchera le décollage.

 

 

  1. Lis-tu des confrères ?
    (Ou BD, revues, nouvelles, etc… fonctionne aussi si tu ne lis pas)

Bien sûr. La liste serait très longue à énumérer… Le principe de mes choix est très simple. Comme Oscar Wilde, je résiste à tout, sauf à la tentation !

 

  1. Lis-tu des notices ?
    Même de jeux vidéos

Les notices sont une importante source documentaire, alors pourquoi s’en priver ? Les posologies de mon armoire à pharmacie ont ma préférence. Je les épluche avec un zèle qui confine à l’obsession. Bien qu’ils soient indispensables pour soulager les douleurs, je les soupçonne toujours de m’empoisonner un peu.

Voici pour notre philosophe Carl !

Gracieuse interview : Carl Grès
MERCREDI – Jour de Mercure (pas le thermomètre) –  Parle-nous de ce qui t’anime en tant qu’auteur. Tu as 5 questions

 

Tu connais le chemin de la table du kiné… Une petite bière ?
 

  1. Ton signe astrologique ? Certains signes sont moins animés que d’autres, le savais-tu ?

Je suis né le 22 novembre 1976, date de la mort d’André Malraux et jour anniversaire de l’assassinat de Kennedy. Les astrologues dans les journaux hésitent à m’attribuer le signe du Scorpion ou celui du Sagittaire. C’est très pratique, car je peux choisir la prédiction qui me convient le mieux. Heureusement, les Chinois ont eu la bonne idée de fêter l’année du dragon en 76… De quoi satisfaire ma volonté de puissance, enfin jusqu’à ce que je me trouve dans l’impasse et que toute cette littérature m’apparaisse comme une version pour adulte du père Noël.
 

  1. Comment inventes-tu tes titres ?

J’attends gentiment que le texte me prodigue ses suggestions… Les personnages peuvent me souffler le titre au détour d’une réplique. Je n’ai pas de règles.
 

  1. Ton temps de présence sur les réseaux sociaux ? Est-ce que tu fais tout ?

J’ai compris très récemment que les lecteurs faisaient les auteurs et que c’est sur les réseaux que ça se passait aujourd’hui. Les maisons d’éditions traditionnelles me semblent de plus en plus appartenir à un autre temps, celui des lectorats intellectuellement ciblés, flattés dans leurs valeurs et pour tout dire ficelés aux lignes éditoriales. Ces lignes éditoriales sont un problème majeur pour les écrivains de mon acabit, car elles figent la littérature dans des catégories qui freinent toute innovation. Heureusement, de nouvelles maisons d’éditions voient le jour et semblent plus en phase avec les formes d’écriture contemporaines. Les réseaux présentent un potentiel très grisant pour faire connaître mes livres. L’inconvénient est qu’ils me prennent beaucoup de temps, trop de temps, un temps que je pourrais consacrer à l’écriture. Dans l’avenir et pour tout ce qui concerne ma promotion sur les réseaux, je me suis promis de suivre le conseil de Montaigne : « Se prêter aux autres, se donner à soi-même. »
 

  1. Une âme de coach ? Pourrais-tu coacher un autre auteur débutant ?

Je suis probablement très mal placé pour coacher un auteur, pour la bonne et simple raison que chaque livre que j’écris me ramène moi-même au stade du débutant. Pour prodiguer mes conseils à un auteur, il faudrait jouer à l’enseignant, avoir une recette et des règles valables pour tous les livres que l’on prévoit d’écrire, — et je n’ai rien de tout ça dans ma besace. Pour moi, chaque livre appelle une forme qui lui est propre et qu’il s’agit de découvrir au fur et à mesure. L’écriture est une affaire d’exploration de sa propre singularité que l’on tente de communiquer aux autres. Nous occupons tous une place unique dans l’espace qui rend notre point de vue unique. Ce travail doit s’accomplir dans son coin, mais ce n’est que mon avis !
 

  1. Jusqu’où irais-tu pour un salon ? Distance, demandes, etc…
    J’ai une vie très occupée et cela dépendrait surtout de mon emploi du temps. Mais je n’ai encore jamais participé à un salon et ça a l’air très excitant ! En termes de distance, rien ne m’effraie, tant que le trajet reste faisable en moins d’une journée de train ou de voiture.
JEUDI – Jour de Junon – Bon, je sais, tout le monde attend. J’en ai même entendu qui trépignent devant leur écran d’où je suis.
Alors, parle-nous de tes livres. En 4 questions… Hé hé. Pas si simple, hum ? Attends de voir la suite.

 

Installe-toi confortablement sur la table de kiné, pose ta tête au milieu du trou et vas-y, nous t’écoutons.

  1. Un juge te demande de défendre ton dernier livre devant sa cour. Que lui dis-tu ?

Votre Honneur, la micro société que je décris dans mon livre en empruntant aux codes du roman noir et du thriller est une métaphore de notre monde contemporain. Ces gens ordinaires, qui élaborent dans leur immeuble une communauté idéale sous l’impulsion d’un homme charismatique et qui finissent par se fermer au reste du monde pour repousser les assauts de la police, rappelleront à nos lecteurs bien des événements de notre triste actualité. Il est vrai que la société de Moncey est une secte et qu’il est toujours désagréable de se voir comparer à des individus peu sympathiques. Mais n’est-ce pas le rôle de la littérature de livrer au moyen de la fiction une analyse des fonctionnements de notre vivre ensemble, avec ses espoirs, ses illusions et ses dangers ? Vous me reprochez également d’avoir mis en scène un narrateur moralement ambigu, aux intentions troubles. Moi je ne crois pas le citoyen naïf au point de se cacher à lui-même ses propres zones d’ombre. La question dramaturgique centrale, celle qui devrait vous préoccuper, n'est donc pas de savoir pourquoi la société de Moncey réussit, mais comment, pourquoi on y entre. Pourquoi un homme normal à l’image du narrateur, ni ange ni démon, y entre et pourquoi moi, en tant que lecteur, j'y entrerais ? Enfin, je ne désespère pas que mes lecteurs les plus subtiles y voient une allégorie de l’écriture et de la lecture.
 

  1. Où peut-on te trouver sur le net ? (Réseaux, salons…)
    Ton adresse postale ? hé hé hé

Sur Facebook, Librinova ou Babelio.

 

  1. Combien de temps pour conclure ?
    Ton livre, bien sûr !

Le temps des cinquante premières pages. C’est la longueur que j’accorde aux auteurs que je lis. S’il ne se passe rien en cinquante pages, mieux vaut passer à autre chose. Un auteur passe énormément de temps sur le début et il y revient sans cesse. Les qualités et défauts y apparaissent immédiatement. C’est la pierre de touche ou la pierre d’achoppement de tous les livres de fiction.
 

  1. Utilises-tu des supports de communication ? Homme-sandwich, chien, voiture ? Assistant ?

Non. Enfin si, là maintenant, j’utilise votre interview ;-)

– Tu utilises la meilleure, donc, tout va bien ! 

Gracieuse interview : Carl Grès
VENDREDI – Jour de Vénus – On va parler de la personne derrière l’auteur… Ben oui ! On sait que dans ce corps de plume, de comptes de lectures et de stratégie marketing bat un cœur humain. Respire, il n’y a que 3 questions.

 

  1. Chocolat Suisse ou Belge ?

C’est le paradoxe d’Aristote. Si un homme est en train de mourir également de soif et de faim et qu’on lui propose nourriture et breuvage, vers lequel des deux doit-il tendre la main ? Pour moi, la solution est très simple : j’ai deux mains, donc je prends simultanément dans chaque panier !
 

  1. Pastafariste ou d’une autre religion ?

Comme Râmakrishna, j’ai été tenté par les religions et par toutes sortes d’expérience d’état de conscience modifiée. Dans ma jeunesse, j’ai connu des phases aigues de mysticisme. L’humour d’Henri Michaux m’a guéri. Comme le soulignait Baudelaire, en matière de croyance, le paradoxe est le suivant : « Quand même Dieu n’existerait pas, la religion serait sainte et divine. Dieu est le seul être qui pour régner n’ait même pas besoin d’exister ». C’est une exploration sans fin qui laisse finalement peu de place à la découverte du moi authentique et des autres pendant notre court séjour terrestre. Depuis quelques années, je suis de plus en plus attiré par l’épicurisme que la plupart des gens confondent à tort avec l’hédonisme. L’épicurisme consiste à travailler sur la dynamique de ses désirs de telle sorte qu’un rien finisse par nous contenter. Croquer une laitue fraîchement cueillie dans son jardin et en apprécier chaque bouchée en laissant l’esprit de la salade s’infuser en soi… Le problème, c’est que j’aime trop la sensualité, les apéritifs avec mes amis et les cigarettes, et que c’est le genre de plaisirs qui se satisfont dans l’opulence !
 

  1. Tu vois une grande femme comme moi, que lui dis-tu pour la séduire ?

Pour ravir une montagne, il faut commencer par déplacer les petites pierres !
 

– Oula, j'ai dû relire deux fois la phrase pour la comprendre. La première fois, j'avais lu G ravir. Ah cerveau, quand tu nous joues des tours ! Je vais reprendre un café...

Gracieuse interview : Carl Grès
SAMEDI – Jour de saturne et jour de salons, souvent. Tu me vois venir ? Bien. Tant mieux, on y va, alors.
En deux questions, t’as tout compris.

 

  1. Acceptes-tu le liquide ? Bière, café, chocolat, comme mode de paiement ?

Du whisky écossais, c’est le seul liquide qui m’enchante, le seul qui me scotche les yeux et me rende aveuglément magnanime !
 

  1. Et si on te paie en nature, comme en pâtes, ça te va aussi ?

Oui, à condition que les pâtes soient faites maison ! Mes textes ont été élaborés avec des ingrédients inédits et beaucoup d’amour pour le régal de mes lecteurs.

Gracieuse interview : Carl Grès
DIMANCHE – Jour du dieu soleil – Jour où on en profite souvent pour se la couler douce. Je ne poserais qu’une question et tu feras le reste. Ok ? T’as carte blanche.

 

Et 10 lignes pour ne pas fatiguer nos lecteurs. C’est parti.

Au resto, entrée ou dessert ?

Je suis un Lyonnais pur grain. En tant que citoyen de la capitale mondiale de la gastronomie, il m’est absolument inconcevable de choisir entre entrée ou dessert. Un repas amputé de l’une ou l’autre reviendrait à construire un roman sans incipit ou sans climax final. Avouez qu’il y a de quoi se sentir frustré ! Rabelais avait élu domicile à Lyon pour écrire Gargantua et il y a fort à parier que ses fables de hautes graisses ont un lien avec nos traditions culinaires. Bon, mais puisqu’il s’agit de vous mettre l’eau à la bouche et d’éloigner de nous ce supplice de Tantale, voilà le menu que je vous propose : pour commencer, un apéritif agrémenté de grattons. En entrée, je commanderais une salade lyonnaise (mélange de laitue et de roquette, œuf poché, lard et croutons). Une fois l’estomac prêt à recevoir le plat de résistance après plusieurs verres de Brouilly, suivrait une escafouillade d’andouillette accompagnée de son gratin de cardons à la moelle. En apothéose, je me laisserais tenter par un chou chantilly, à moins que le restaurateur ait eu la bonne idée de préparer une tarte à la praline.

Je vous souhaite de faire bonne chère !

 

Merci Gracieuse pour ces questions aussi malicieuses que révélatrices !

Carl Grès

Gracieuse interview : Carl Grès
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